Collège Jean-Jaurès - Cransac

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Entretien avec Yaë l Hassan

Le lundi 4 mai 2009

Les questions posées par les 5ème àYaë l Hassan le 23 avril, et les réponses apportées par l’auteur.

Pourquoi et comment avez-vous eu envie d’écrire ?
Je ne pense pas avoir eu envie de devenir écrivain. Ce n’est pas un métier que l’on choisit, c’est un métier un peu à part. Quand on choisit un métier, on fait des études pour, on suit une formation, on acquiert les bases nécessaires à l’exercice de cette profession. L’écriture, c’est différent parce qu’il n’y a pas d’école d’écrivain, de formation, de diplôme. On n’accompagne pas le texte envoyé à un éditeur d’un CV. On n’est jugé que sur le texte qu’il a entre les mains.
En même temps, on ne peut pas devenir écrivain tout seul. Être écrivain, c’est avoir trouvé un éditeur. Il y a des tas de gens qui écrivent et qui n’ont pas le statut d’écrivain parce qu’ils n’ont pas d’éditeur. Il ne suffit pas de le vouloir pour l’être.
Quand j’étais petite, j’écrivais mais sans penser à être publiée. Ça ne m’empêchait pas d’écrire. J’ai commencé à 12 ans à écrire vraiment régulièrement pour mon propre plaisir. Je ne me voyais pas écrire et envoyer un roman à un éditeur parce que c’est très difficile d’être publiée. Je me disais que si un éditeur me refusait, je risquais d’être dégouttée de l’écriture. J’ai suivi une voie détournée, j’ai écrit pour un concours de littérature jeunesse. Je n’avais jamais pensé à écrire pour votre âge. Pour moi, j’écrivais pour des adultes. J’ai eu la chance de remporter ce concours et d’être publiée. C’était Un grand père tombé du ciel. Je ne suis pas sûre que ce texte aurait été publié si je l’avais envoyé à un éditeur. Les choses se sont faites par hasard. Même si je pense que cela devait arriver un jour.

Le hasard compte beaucoup dans vos romans. Est-ce pareil dans votre vie ?
C’est terrible le hasard. On dit parfois que le hasard fait bien les choses, mais il peut les faire mal aussi. La vie est une histoire de rencontres : l’amitié est une rencontre, l’amour est une rencontre, les relations professionnelles aussi sont des rencontres. Toute la vie n’est que rencontres. Il y a des rencontres magiques, merveilleuses, et il y a les mauvaises rencontres.

Pourquoi vos héros sont-ils toujours des enfants ?
Parce que s’il n’y avait que des personnes âgées, cela ne vous plairait pas. Parce que les textes jeunesse doivent proposer aux lecteurs des personnages qui leur ressemblent, qui les touchent de près.

Souvent, vos héros rencontrent des personnes âgées. Pourquoi ?
Je n’ai pas connu mes grands parents et toute petite, cela a été un déséquilibre. Dans ma famille, il n’y a personne au delà de la génération de mes parents. Je me suis inventé très tôt des grands parents et quand je suis devenue auteur, je les ai mis dans mes romans.

La musique revient souvent dans vos livres, jusqu’à être au cœur du Professeur de musique. Est-elle importante pour vous ?
Le point de départ de la majorité de mes livres est réellement arrivé. Un témoignage, quelque chose de lu, de vu, d’entendu. Pour Le professeur de musique, j’ai entendu le témoignage d’un déporté. Il était enfant pendant la guerre, jouait du violon et a été déporté.

Quel est le point de départ d’Alex ?
Alex, c’est l’exception qui confirme la règle ! Rien n’est vrai. Alex a été écrit avant même que je sache que j’allais devenir écrivain. J’avais, très jeune, été bouleversée par la lecture d’Harold et Maude qui était un classique à l’époque, avait été joué par Jean-Louis Barreau. C’était mon livre de chevet. L’histoire un jeune anglais complètement déjanté de 20 ans qui tombe fou amoureux d’une vieille dame de 80 ans. Histoire totalement improbable. J’avais commencé, l’avait mis dans un tiroir, puis je l’ai repris. Les gens me disent souvent que ce livre est atypique dans mon chemin d’écriture mais il date « d’avant ». Ce n’est pas mon préféré mais c’est peut être le meilleur. Il est ressorti en avril sous le titre Cutie Boy. Il n’avait pas du tout marché à l’époque.

Et celui de Sacré Victor ?
Pour Sacré Victor !, j’étais dans une classe de CM2 il y a quelques années. C’était pendant le Printemps des poètes et tous les murs de la classes étaient tapissés de poèmes de Victor Hugo. Je m’extasie d’autant plus qu’Hugo est mon poète préféré. Je dis aux enfants qu’ils ont de la chance d’avoir l’œuvre d’Hugo sous leurs yeux. Et là, un petit garçon me demande si j’aime Victor Hugo. Je lui répondsnds que oui, et il me demande si je l’ai rencontré. Et le maître, démoralisé... Six mois qu’il leur parle d’Hugo, date de naissance de mort... Très surprise, je ne réponds pas, je suis pétrifiée par sa question : jamais je n’avais pensé que j’aurais pu rencontrer Victor Hugo. Voyant que je ne répondais pas, l’élève me dit : « Il n’a pas voulu venir dans votre classe quand vous étiez petite ». Je suis sortie de la classe et j’ai commencé le livre. Vous voyez à quoi ça tient...

Est ce qu’il y a de vous dans vos livres ?
Oui et non. Oui parce que tout écrivain met de lui dans ses livres. Non parce que je ne suis pas tous les personnages. Il y a des livres plus autobiographiques que d’autres comme Hé, petite ! Il y a toujours un lien avec mon histoire ou celle de ma famille, ma culture. Un auteur n’est jamais très loin de ce qu’il écrit.

Pour Hé, petite ! , c’est vous qui avez souhaité l’écrire ou c’est une demande de l’éditeur ?
Ce n’est pas du tout un texte dont j’aurais eu l’idée toute seule. J’écris des romans et me mettre en scène ne m’amuse pas du tout, je n’en voyais pas l’intérêt. Mais là, il y a une démarche d’éditeur qui a créé une collection3 qui demande aux auteurs de raconter leur histoire. J’étais réticente au début, l’éditeur a insisté et je me suis dit : « Pourquoi pas essayer ? »

Tout ce que vous dites dans Hé, petite ! est-il vrai ? Oui. A partir du moment où j’acceptais, j’ai essayé d’être le plus honnête possible. Mais quand on écrit un livre sur son enfance avec 40 ans de recul ou plus, on n’a pas une mémoire intacte. La mémoire travaille, évolue. Il y a des choses dont on veut bien se souvenir, d’autres qu’on veut oublier. J’ai raconté tout ce dont je me souvenais, mais certaines choses étaient plus nettes. Je n’ai peut être pas tout raconté, il y a des choses que je ne voulais pas dire, d’autres que j’avais sincèrement oubliées, mais je n’ai rien inventé.

Que pensez-vous des couvertures de vos livres ?
Il y a de tout, de très belles choses comme des très moches. Hé, petite ! est très moche, La promesse aussi. Alex est très beau, j’aime Momo, L’ami. De S@cha à M@cha est aussi très laid. La plus belle couverture de Momo, c’est celle de sa traduction en coréen. Elle est absolument sublime. On ne nous demande pas notre avis. Autant on choisit les titres, autant le choix des illustrateurs se fait sans nous.

Vos livres sont donc édités dans le monde entier ?
Oui, ils sont beaucoup traduits, en coréen, japonais, thaïlandais, espagnol, allemand, lituanien, portugais...

Est ce que vous vous reconnaissez dans vos livres ?
J’ai mon style, ma griffe, mes sujets, ma façon d’écrire. Quand on lit plusieurs de mes livres, on finit par me reconnaître. On dit aussi d’un auteur qu’il écrit toujours le même livre... Je m’identifie complètement à mes livres.

Quand vous citez des livres dans les vôtres, ce n’est bien sûr pas un hasard...
Non, évidemment. J’aime faire partager mes bonheurs de lecture, les citer dans un roman est un bon moyen d’en parler.

Est ce que vous lisiez beaucoup quand vous étiez petite ?
Évidemment. Parce que l’amour de l’écriture découle de l’amour des livres. Tous les auteurs se nourrissent de la littérature des auteurs avant de se mettre à écrire eux-mêmes. La littérature est la richesse la plus totale. Ce qu’on y trouve ne se trouve dans aucun jeu vidéo. La littérature nourrit le corps, l’esprit, le cœur. J’ai passionnément aimé lire, aimé les livres avant de me mettre à écrire. Je dirais qu’on ne peut pas écrire si on ne lit pas. On s’abreuve tous du savoir écrire des autres avant de poser soi-même les premiers mots.

Où puisez-vous l’imagination pour écrire vos romans ?
Je n’ai aucune imagination ! (Rires des élèves et protestations de Yaël Hassan). Moi aussi, avant d’écrire, je croyais que la première qualité d’un auteur était d’avoir une imagination débordante. Mais pas du tout, à partir du moment où l’on n’écrit pas de science-fiction, de fantastique ou de contes. On n’écrit pas en dehors de la vérité. La vie nous fournit au quotidien mille idées de romans, il suffit d’allumer la télé ou la radio. La vie des autres est un roman, tu écoutes les faits divers et tu te dis : « Ça, c’est un roman, ça aussi, c’est un roman, et ça encore un autre ». La difficulté quand on est auteur n’est pas de trouver des idées mais de savoir comment, à partir d’une idée, construire son histoire, mettre les idées en place, intéresser les lecteurs, écrire sur la longueur. C’est ça qui est difficile. Je n’ai aucune imagination, j’ai besoin de la réalité pour écrire. Je n’ai jamais commencé un livre à partir de rien. Il y a toujours une rencontre, quelque chose de lu, de vu, d’entendu.

Est ce que vous écrivez plusieurs livres à la fois ?
Oui, j’ai toujours une dizaine de textes en chantier. Je passe de l’un à l’autre parce que je n’ai pas des idées en continu. Avoir plein de projets permet d’en laisser reposer un, d’en prendre un autre, de revenir au premier. Je ne termine pas tout. Sur 10 en cours, je dois aller au bout de 6. Je commence un livre chaque fois que j’ai une idée...

Est ce que vous n’avez jamais eu envie de faire autre chose qu’écrivain ?
Mais j’ai eu une vie avant d’écrire ! Je ne suis pas née écrivain. J’ai travaillé mais c’est l’accident de voiture qui a fait que je me suis reconvertie dans l’écriture. En même temps, l’écriture m’a toujours accompagnée quoique j’ai fait à côté. J’ai ressenti le besoin d’écrire très jeune, j’ai toujours écrit, mais je n’envisageais pas d’en faire un métier. J’ai commencé à tenir mon journal à 12 ans. De 12 à 45 ans, j’ai écrit pratiquement tous les jours dans mon journal. J’ai écrit de la poésie, des tas de choses. Juste pour le plaisir d’écrire.

Vous continuez à tenir votre journal ?
Oui. Je passe la plupart de mon temps en déplacement. Mais comme je n’ai pas toujours l’énergie de m’atteler à mes romans mais que j’ai un besoin quotidien d’écriture, j’ai toujours sur moi mon journal, de quoi écrire, juste pour me détendre. Je ne peux terminer une journée sans quelques instants d’écriture. J’ai toujours des cahiers, mes manuscrits en cours, des brouillons où je commence mes romans. Je passe très vite sur l’ordinateur.

Avez-vous gardé vos journaux d’adolescente ?
Non, parce que j’ai beaucoup déménagé et que la première chose qu’on jetait était le papier parce que c’est lourd. J’ai vraiment tout gardé depuis 20 ans.

Combien de temps vous faut-il pour écrire un livre ?
Le temps d’écriture ou de publication ? De publication.
Quand j’envoie un texte, il est généralement publié dans les 6 mois.

C’est long 6 mois !
Vous trouvez ? Attention, un texte n’est pas publié tel qu’on l’envoie à l’éditeur. Il le lit, on le retravaille plusieurs fois. Il faut ensuite l’envoyer à un illustrateur. Puis le graphiste, le maquettiste interviennent. Après, c’est l’impression du livre, la fabrication, la diffusion. Six mois, c’est vraiment le minimum.

Donc ce que vous écrivez est toujours recorrigé ?
Oui. Il m’est arrivé une fois qu’un éditeur accepte de publier sans correction, il disait que le texte était parfait. Je ne lui ai pas confié mon livre, ce n’était pas un bon éditeur. Aucun texte ne peu être parfait au premier coup. L’éditeur sert à repérer les faiblesses et à les corriger. Même publié, un texte n’est pas parfait. Je ne relis pas mes livres parce que j’ai peur de voir encore trop de défauts.

C’est toujours la même personne qui vous corrige ?
Oui. Il faut avoir une vraie relation de confiance. J’ai beaucoup de mal quand je commence avec un nouvel éditeur parce qu’on doit créer cette confiance.

Pourquoi avez-vous autant d’éditeurs ?
Parce que j’ai une trop grosse production pour un seul... J’envoie tout à Casterman, mon éditeur principal. Ce qui n’est pas retenu, je le propose à d’autres. Certains me disent non, mais j’ai eu la chance de tout publier. Momo, petit prince des Bleuets a été refusé par Casterman, ils n’avaient pas du tout aimé. Et c’est mon best-seller, le plus gros carton. Ils l’ont regretté après...

Ceux qui choisissent et refusent des livres ont des règles à respecter ?
Non, ils aiment ou ils n’aiment pas. C’est au feeling. En général, il y a une première sélection faite par des stagiaires. Ils éliminent une grosse partie. Puis, l’éditeur et ses collaborateurs lisent ce qui a retenu l’attention. Ils sont généralement trois pour décider.

Est-ce qu’il y a d’autres romans comme Alex que vous aviez écrit avant d’être vraiment écrivain ?
Non, c’est le seul, et le plus drôle c’est que je l’avais complètement oublié. C’est en déménageant que j’ai retrouvé mes carnets. J’en ai ouvert un parce que je le trouvais joli et que je ne m’en souvenais plus. Alex était pratiquement écrit, au crayon à papier...

Certains de vos livres sont au programme en primaire. C’est une consécration ?
Oui, bien sûr, ça fait quelque chose. De Sach@ à Mach@ est dans un manuel de français de 4ème pour la correspondance. On est content de réussir mais ça fait bizarre parce que je n’écris pas pour être étudiée mais pour donner du plaisir. Le côté un peu pervers, c’est de recevoir des mails comme ça m’est arrivé une fois : une collégienne me disait qu’elle avait eu 20/20 « à mon devoir ». Moi, j’écris dans la jouissance la plus totale et des enfants travaillent sur mes textes pour une note...

De Sach@ à Mach@ a été écrit avec Rachel Hausfater. C’est comment écrire à deux ?
C’est génial !

Ce n’est pas difficile ?
Si, c’est difficile, c’est autre chose. Il n’y a pas de travail plus solitaire que l’écriture, seul avec ses doutes. Ecrire à deux, ca permet de parler, de partager.
Quand j’ai rencontré Rachel, on venait de publier notre premier roman, c’était au salon de Brive la Gaillarde, mon premier salon. Amitié immédiate et très vite, on a eu envie de partager une expérience d’écriture parce qu’on écrit sur les mêmes thèmes, parce qu’on s’adore. Et du coup, c’est une franche rigolade !
De Sach@ à Mach@ a été le premier. Il y a eu ensuite Petit roman portable puis L’ombre. Il faut trouver des procédés d’écriture... On a utilisé tout ce qui était utilisable à deux : la correspondance sur internet, le téléphone. L’ombre est la même histoire racontée par deux personnes. On cherchait désespérément une autre possibilité.
Et l’an dernier, je suis allée dans un tout petit collège. La documentaliste me reçoit et me dit « je suis la demi-documentaliste ». Pourtant elle est entière, ce n’est pas une femme-tronc... Elle m’explique qu’elles sont deux sur le poste avec deux mi-temps, deux jours l’une, deux jours l’autre, qu’elles fonctionnent avec un cahier de transmission. Je demande à voir : toute la vie du collège était là, dans ce cahier, c’était extraordinaire. En sortant, j’ai appelé Rachel.

Le roman est-il commencé ?
Non. Enfin, moi j’ai commencé, je l’ai là. (Lecture de ce qui pourrait être un premier chapitre...). On va s’éclater, dire du mal des profs, des élèves. Mais Rachel n’a pas le temps...

Est ce que vous pourriez écrire avec quelqu’un d’autre ?
Non, j’ai d’autres amis, mais je n’ai pas envie d’écrire avec eux. Il faut une vraie complicité, c’est avec elle que j’aime écrire.

Est ce que votre expérience dans le voyage vous sert pour vos romans ?
Non parce que j’ai besoin de connaître les lieux. Donc mes romans se situent soit Paris soit dans des endroits où j’ai vécu. Même si je les décris peu, j’ai besoin de m’en imprégner.

Pourquoi ne faites-vous pas « revivre » vos personnages ?
Parce que je n’en vois pas l’utilité ! J’ai des tonnes de personnages qui attendent. Quand j’écris une histoire, j’estime aller au bout de celle-ci, en tous cas de celle que j’avais envie de raconter. On m’a souvent demandé de créer un héros récurent, de faire une série, mais je détesterais ça. Cela m’enlèverait la liberté de créer à chaque fois.

Lisez-vous des livres que vous n’aimez pas ?
Comme tout le monde, mais j’abandonne... En littérature jeunesse, j’abandonne vite parce que je crois qu’il faut convaincre dès les trois premiers mots. En littérature adulte, je vais jusqu’à 50, 100 pages. Je lis énormément mais je n’ai pas envie de perdre du temps avec des textes qui ne me plaisent pas.

Votre dernier coup de cœur en littérature jeunesse ?
Le dernier chef d’œuvre que j’ai lu, c’est La voleuse de livres de Markus Zusak. Extraordinaire. Les arbres pleurent aussi, d’Irène Cohen-Janca que j’ai lu à Montreuil.

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